Pourquoi marcher aide à traverser les périodes de transition

marche sur sentier le long du littoral basque, Bidart vue sur l'ocean

Marche et accompagnement au Pays Basque - “À Kœur Ouvert”

Pourquoi marcher aide à traverser les périodes de transition

L’humanité marche depuis toujours. Bien avant les cadres, les concepts, les mots savants ou les récits bien ordonnés, il y avait le corps en mouvement, un pied devant l’autre, non pas comme une stratégie mais comme une nécessité vitale, parce que rester immobile devenait parfois trop lourd, trop serré, trop étroit pour ce qui cherchait à continuer à vivre. On a marché pour suivre les saisons, pour chercher de l’eau, pour quitter des terres devenues hostiles, pour en rejoindre d’autres sans savoir exactement ce qui nous y attendait, pour fuir, pour revenir, pour accompagner les morts, pour célébrer les naissances, pour traverser les seuils invisibles de l’existence.

Et aujourd’hui encore, malgré tout ce que nous avons construit autour de nous, malgré les écrans, les agendas pleins, les mots pour expliquer presque chaque chose, le corps, lui, continue de savoir. Quand une période de transition s’ouvre dans une vie, quand quelque chose se défait sans que l’on puisse encore nommer ce qui prend forme, quand l’ancien monde ne tient plus tout à fait et que le nouveau n’est pas encore là, le corps appelle souvent le mouvement avant même que la tête n’ait compris. Il appelle la marche.

Marcher pendant une période de transition : créer de l’espace

Les périodes de transition ne sont pas des problèmes à résoudre. Elles ne sont pas des dysfonctionnements à corriger ni des moments à optimiser. Ce sont des passages, des zones de transformation où les repères habituels se déplacent, où l’on se sent parfois à la fois en perte et en devenir, fatigué et étonnamment vivant. On y cherche souvent des réponses claires, des décisions rapides, des certitudes rassurantes, mais ces périodes-là demandent rarement d’aller plus vite. Elles demandent surtout de créer de l’espace, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Marcher crée cet espace d’une manière simple, presque archaïque. Quand le corps avance, sans but précis à atteindre, sans performance à accomplir, quelque chose se desserre. Le rythme régulier des pas apaise le système nerveux, la respiration se cale naturellement, le regard s’ouvre plus loin que l’écran intérieur de nos pensées. Le mental peut continuer à parler, bien sûr, mais il n’est plus seul aux commandes. Le corps reprend sa place dans l’expérience.

Dans la marche, les choses ne se forcent pas. Elles se déposent. Des émotions longtemps retenues trouvent parfois un chemin plus doux pour être ressenties. Des phrases émergent sans avoir été préparées. Des décisions, qui semblaient impossibles à penser assis face à une feuille blanche, commencent à se sentir dans le ventre, dans la poitrine, dans le rythme même du pas. Marcher ne donne pas des réponses immédiates, mais marcher permet de rester présent à l’entre-deux, à cet espace fragile et fécond où quelque chose est en train de mourir pendant que quelque chose d’autre cherche à naître.

Pourquoi le corps a besoin de mouvement pour avancer

Les grandes transitions ne sont pas toujours spectaculaires. Elles arrivent parfois à bas bruit, sous forme de fatigue persistante, de dé-salignement intérieur, de questions qui reviennent sans cesse sans trouver de réponse satisfaisante. Changer de direction professionnelle, sortir d’une relation, revenir sur une terre après des années ailleurs, ré-interroger sa manière de vivre, de travailler, de se relier aux autres et au monde. Dans ces moments-là, rester uniquement dans la tête peut devenir épuisant. La marche remet le corps dans l’équation. Elle rappelle que nous ne sommes pas seulement des êtres qui pensent, mais des êtres qui vivent, ressentent, traversent.


Marcher au Pays Basque : accompagner les passages

Marcher au Pays Basque donne à cette expérience une dimension particulière. Ici, les chemins ne promettent pas la ligne droite. Ils épousent le relief, montent, redescendent, longent l’océan, traversent les forêts, suivent les courbes de la terre plutôt que des tracés idéaux. Marcher ici, c’est sentir physiquement que le vivant avance par cycles, par détours, par ajustements constants. C’est comprendre dans le corps que les transitions ne sont pas linéaires, qu’il est normal de ralentir, de revenir en arrière parfois, de reprendre son souffle avant de repartir autrement.

La terre, l’air, l’horizon jouent leur rôle silencieux. Ils soutiennent ce qui se traverse sans demander d’explication, sans exiger de résultat. Ils offrent un cadre simple et puissant pour laisser les choses se faire à leur rythme.

Accompagnement par la marche au Pays Basque : “À Kœur Ouvert”

Marcher peut se faire seul. Mais il arrive que marcher accompagné ouvre un espace différent. Marcher côte à côte, sans face-à-face figé, sans pression, permet souvent à la parole de circuler plus librement, ou de ne pas circuler du tout quand le silence est plus juste. Il ne s’agit pas d’être guidé vers une solution ni d’être pris en charge, mais d’avoir un espace humain, sécurisé, où ce qui est là peut être traversé en mouvement, à son rythme.

C’est dans cet esprit qu’est né “À Kœur Ouvert”, un accompagnement par la marche au Pays Basque, ancré dans le corps, la présence et l’écoute. Pas une thérapie, pas une méthode, mais un espace pour marcher, respirer, laisser émerger ce qui demande à être entendu, sans forcer, sans accélérer.

Marcher n’efface pas les périodes de transition. Mais marcher permet de les habiter pleinement, corporellement, humainement. Et bien souvent, c’est en avançant ainsi, pas après pas, que quelque chose se remet en mouvement, doucement mais sûrement, et que l’on retrouve la capacité d’avancer sans se perdre.

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