Le sentier du littoral : Marcher entre Saint-Jean-de-Luz et la plage de Cénitz.

vue sur la plage d'Erromardie, sentier du littoral entre saint-jean-de-luz et Guétary, Côte Basque

Il y a des chemins que l’on marche pour aller quelque part, et puis il y a ceux que l’on marche pour revenir, revenir à un rythme plus simple, à un souffle plus large, à quelque chose de vivant qui ne demande pas d’être compris, seulement traversé.

Sur la Côte Basque, le sentier du littoral entre Saint-Jean-de-Luz et la plage de Cénitz (Guéthary) fait partie de ces chemins-là pour moi. Un sentier que je marche souvent, très souvent, presque quotidiennement, parfois avec une intention, parfois sans autre raison que celle de sentir mes pas sur la terre, le vent sur le visage, et l’océan qui rappelle, sans effort, ce qui est plus grand.

Je commence souvent par Sainte-Barbe. Depuis ce promontoire, la vue sur la baie de Saint-Jean-de-Luz est saisissante : la courbe douce de la baie, l’eau souvent plus calme, presque contenante, et au loin les silhouettes qui glissent, foil, planche à voile, parfois surf quand les conditions le permettent. Derrière moi, les montagnes sont là, La Rhune, les Trois Couronnes, cette présence solide et familière qui rappelle que l’on marche ici au pied des reliefs, dans ce lieu rare où l’océan et la montagne se répondent sans se heurter. Depuis Sainte-Barbe, on distingue aussi le fort de Socoa, posé comme un repère immobile, pendant que la mer, la lumière et le vent continuent leur danse.

En quittant Sainte-Barbe, le sentier du littoral se déploie naturellement. Il longe les falaises, s’ouvre puis se resserre, laisse apparaître les formations rocheuses stratifiées, le flysch, et cette matière brute qui raconte le temps long. Le vent circule librement, l’air se charge d’iode, et le corps, presque sans qu’on s’en rende compte, trouve son rythme.

On passe par la Pile d’Assiettes, ces roches empilées, presque irréelles, où l’océan se fait plus présent, plus direct. Un peu plus loin, la Croix d’Arxiloa marque un seuil discret : un endroit où l’on ralentit naturellement, où le regard s’élargit, où la marche devient plus intérieure. Le long de cette portion du sentier, les fleurs de la pampa bordent parfois le littoral, apportant une douceur inattendue au milieu de la roche et du sel.

Puis vient Erromardie. La plage s’ouvre, l’espace respire autrement, les vagues prennent plus de place et l’on croise souvent des surfeurs. Erromardie marque une transition entre la baie plus tranquille de Saint-Jean-de-Luz et une côte plus ouverte, plus sauvage, où l’énergie de l’océan se fait sentir plus franchement.

Après Erromardie, le sentier continue vers le nord, avec des portions plus discrètes, presque secrètes, jusqu’à la plage de Lafitenia, et puis celle d’Erromardie avant d’arriver à Guéthary lorsque l’on vient de Saint-Jean-de-Luz. Des plages ouverte, brutes, vivantes, très appréciées pour leurs caractère naturel, où l’océan prend de la place et où l’on peut s’arrêter, regarder, respirer, et laisser la marche se déposer.

La plupart du temps, je marche seule sur ce sentier. C’est mon espace, mon rythme, mon ancrage. Et parfois, je marche avec d’autres, sans intention particulière, simplement côte à côte, laissant le paysage faire ce qu’il a à faire. Ce chemin ne demande rien. Il accueille.

Certains chemins ne servent pas toujours à aller quelque part. Ils servent à revenir. Et celui-ci, sur la Côte Basque, est de ceux que je continue de marcher, encore et encore.

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Pourquoi marcher aide à traverser les périodes de transition